Quels défis pour les transports parisiens?
L'offre de transport a considérablement augmenté sans jamais répondre correctement aux besoins de la "mobilité" de nos sociétés contemporaines. Le projet de loi du Grand Paris, définitivement adopté le 27 mai 2010 après de longues tractations entre le gouvernement et la région Ile de France, entend y remédier avec la mise en place d'un nouveau métro automatique de 130 kilomètres qui reliera 72 gares autour de Paris et permettra de transporter plus de 2 millions de voyageurs quotidiens dès 2025. Mais pourquoi une telle nécessité? Quels sont ces nouveaux besoins auxquels les transports en commun doivent répondre? Le poids grandissant des contraintes sociétales, économiques et environnementales ont bouleversé les manières de se déplacer ce qui a engendré de nombreuses difficultés. Les transports aujourd'hui permettent-ils un accès équitable aux ressources selon la position géographique et/ou selon la position sociale? L'organisation actuelle des transports favorise t-elle un développement économique qui n'affecte pas l'environnement? Toutes ces problématiques exigent que l'on repense l'organisation des transports en liaison avec les territoires, la vie économique et le fonctionnement de la société.
Un impératif de cohésion du territoire
Le projet du Grand Paris entend lutter contre la marginalisation de certains territoires en Ile de France. On observe aujourd'hui un inégal accès aux transports en commun selon la position géographique. En effet, une personne résidant dans le nord de la Seine-Saint-Denis se déplace plus difficilement qu'une personne résidant dans le centre de Paris. L'instauration de ce nouveau métro entend désenclaver ces territoires marginalisés et les intégrer aux poumons économiques du Bassin Parisien.
Un impératif de réduction des inégalités sociales
Le grand enjeu d'une telle réorganisation des transports en commun est de permettre de passer d'une "mobilité subit" à une "mobilité libre". En effet, la mobilité est intimement liée à la position sociale. On ne subit pas les mêmes contraintes de déplacement selon sa position géographique ou selon le type d'emploi comme le montre les "migrations pendulaires". Le trajet domicile-travail structure la mobilité car les horaires et l'offre de transports sont strictement déterminés. Par conséquent les "coûts" en terme de temps et de confort sont inégaux selon la position sociale. Diversifier et enrichir l'offre de transport permet de multiplier les choix des usagers. Ceci améliore donc le confort, la sécurité, la fiabilité et la rapidité des trajets et réduit ces "coûts" engendrés. La mobilité serait dans ce cas moins contrainte et plus libre.
Favoriser une croissance "durable"
Cette réorganisation des transports en commun entend enfin dynamiser le développement économique, par la desserte des pôles de développement de la région (La Défense, Saclay, ...) avec les territoires marginalisés, ainsi que par des liaisons renforcées avec les aéroports et les gares TGV. Ce développement économique permettra en outre de créer de nouveaux bassins d'emplois tout en ayant le soucis de préserver l'environnement. En effet, cette nouvelle organisation des transports favorise les interconnexions entre le train, le bus, le métro, le tramway, la voiture et le vélo. De même, la mise en place de la transmodalité ( mélange de plusieurs formes de déplacement) illustre ce nouveau soucis pour l'environnement à l'image du ferroutage.